MEDECINE EN SITUATION DE CATASTROPHE

Sous la direction de

L.-J. COURBIL

Le naufragé est souvent déshydraté

La déshydratation menace gravement le naufragé, surtout en mer chaude, si la victime a échappé à la noyade ou n’est pas morte de froid. L’Océan est en effet un désert impitoyable car l’eau de mer est totalement impropre à la consommation. Il s’agit d’une déshydratation globale par défaut d’apport, les quantités d’eau potables disponibles variant dans les récits de 150 à 450 ml par jour, ce qui permet des survies de l’ordre de 6 jours et entraîne une mortalité de 20 à 0,5 %.

Le déficit en eau est généralement plus important que le déficit en sodium et il est aggravé par les vomissements et les pertes sudorales.

Cette déshydratation s’accompagne d’une perte de poids et de symptômes parallèles à celle-ci :

— une perte de poids de 5 % n’entraîne qu’une diminution de l’efficacité

— une perte de poids de 10 % est associée à une incapacité majeure

— la mort est rapide lorsque la perte de poids atteint 20 %.

Le déficit en eau est accru par la diarrhée et les vomissements provoqués par l’absorption d’eau de mer par le naufragé. Cette dernière en augmentant l’osmolarité du secteur extra-cellulaire aggrave considérablement la déshydratation du secteur intra-cellulaire. Ainsi, la plupart des auteurs (sauf Bombard) condamnent-ils l’absorption d’eau de mer par les naufragés.

MASSON 1987

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