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PREDICTING IMMERSION SURVIVAL TIME : ART or SCIENCE?

« Prédire les durées de survie et de recherche:

Il apparaît que les courbes actuelles sur les durées de survie prévues ne font pas plus que de rappeler à chacun que la durée de survie dans l’eau froide est limitée.

Des recommandations basées sur l’analyse des accidents, recoupées avec le résultat des expérimentations en laboratoire, démontrent une corrélation claire entre la température de l’eau, le refroidissement du corps et les durées de survie. Cependant il apparaît aussi que ta durée de survie peut varier de quelques secondes à plusieurs jours de par le large éventail de facteurs pouvant influencer cette durée.

Par conséquent vouloir prédire les durées de survie de victimes immergées n’est pas une science exacte: cela ne consiste pas seulement à calculer le temps nécessaire pour que la température du corps puisse atteindre un niveau létal.

Il n’existe pas de formule mathématique magique pour déterminer exactement combien de temps quelqu’un peut survivre, ou combien de temps il est nécessaire d’entreprendre des recherches.

Par conséquent les coordinateurs du sauvetage devront prendre des décisions peu enviables sur la base des meilleures informations disponibles et un certain nombre d’hypothèses.

Pour se justifier, ils devront étendre la durée des recherches au-delà de la durée de survie qui leur semblera raisonnable.

Parfois, ils se tromperont, et alors, en cas de litige, il appartiendra aux tribunaux de définir ce qu’est une « espérance de vie raisonnable ».

Mais en règle générale il est prudent de recommander que la durée des recherches soit entre trois et six fois la durée de survie prévisible pour la moitié des naufragés.

Température
de l’eau (°C)

Durée de survie prévue pour la moitié des individus (en heures) Durée de recherche minimum recommandée (en heures)
Moins de 5°C 1 6
10° C 2 12
15°C 6 18
20 à 30° C ? 18 h à + de 24 h
Plus de 30°C ? Plus de 2 à 3 jours

Tableau de temps de recherche minimum pour des individus immergés.

En cas de mer calme les durées de recherche recommandées devraient être augmentées.

Des nageurs presque nus se situeront dans la partie inférieure de ces durées. Dans une eau calme, il peut se trouver un individu exceptionnel (quelqu’un de très gros et en bonne forme physique) qui puisse durer au-delà de ces données. Si l’on sait que l’individu est de ce type, il serait utile de considérer à titre exceptionnel, l’extension de la durée des recherches jusqu’à 10 fois la durée de survie prévisible de la moitié des individus.

Pour les accidents côtiers, à cause des déferlantes et des courants, les durées de survie peuvent être inférieures. Cependant il faut considérer qu’un tel survivant ait pu accoster. Par conséquent les effets résultant du refroidissement dans l’eau ne seront plus la seule considération, et les recherches devront continuer jusqu’à ce que la côte proche, soumise à la dérive des courants de marée, ait été complètement fouillée.

Au large, il est raisonnable de s’attendre à ce que les individus soient mieux équipés pour survivre, en ayant accès à des vêtements de protection adéquats, brassières et radeaux de sauvetage. Par conséquent, les durées de recherche doivent se situer aux limites supérieures (10 fois la durée de survie prévisible de la moitié des individus), à moins que des conditions évidentes et opposées ne prévalent.

Conclusions et recommandations:

La prévision des durées de survie des personnes immergées dans l’eau dépend de nombreuses variables dont: l’état de la mer, les facteurs personnels du survivant

(Ex: genre, taille, forme physique, santé, âge, réponse de frisson etc..), la posture et les exercices entrepris pendant l’immersion; la disponibilité et l’emploi de vêtements de protection et d’aide à la flottabilité, le mal de mer, l’état mental et pour des immersions de plus longue durée: les ressources en eau douce et en nourriture. L’interaction de toutes ces variables produit un large éventail de réponses possibles, même pour des individus identiques pour une situation donnée, pouvant donner comme résultat des durées de survie très différentes, en particulier dans les eaux chaudes.

Les instructeurs survie, et ceux qui doivent formuler une politique de recherche et de sauvetage, doivent être familiarisés avec les faiblesses potentielles et les facteurs d’erreur de base dans la formulation de courbes de durée de survie.

Quand on organise une mission SAR, ces graphiques et tableaux, bien que donnant des règles générales, ne doivent pas être interprétés littéralement.

Par mauvais temps ces graphiques tendent à surestimer les durées de survie et par beau temps ils peuvent les sous-estimer. »

© Dr. Frank Golden MD, PhD, Université de Portsmouth, IASST Lafayette oct. 2003

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